Facebook a récemment fêté ses 20 ans, TikTok est menacé d’interdiction aux États-Unis, les créateurs de contenus prennent une place de plus en plus importante pour diffuser les informations : on le sait bien, les réseaux sociaux sont devenus au fil du temps omniprésents, se faufilant dans chaque recoin de nos vies, privées comme professionnelles. Jadis séparées par des frontières claires, ces deux sphères sont désormais intimement liées, voire parfois confondues, dans l’univers digital. Comment s’y démarquer par sa personnalité tout en continuant à projeter une image de professionnalisme ?
Nos travaux montrent que concilier identité personnelle et professionnelle sur les réseaux sociaux relève d’un subtil mélange, plein d’ambiguïté. C’est un exercice d’équilibriste où il faut à la fois être soi-même tout en veillant à conserver un certain professionnalisme. Un excès de personnalité, et c’est le dérapage, le mot de trop qui peut briser une carrière. Inversement, un excès de professionnalisme, peut aboutir à une image trop lisse, trop « corporate » et proche des comptes institutionnels. L’audience, lorsqu’elle suit un individu sur les réseaux sociaux, recherche de la personnalité, des points de vue, une perspective singulière.
« à la fois journalistes et un peu eux-mêmes »
Nous avons plus spécifiquement étudié les journalistes, profession qui a précocement adopté Twitter, aujourd’hui rebaptisé X. Dès le début des années 2010, ils y ont vu un outil précieux pour rester à la pointe de l’actualité. Ils ont chacune et chacun, à titre individuel, ouvert un compte sans forcément devoir en rendre compte à leur employeur et ont décidé de manière autonome de la manière de s’en servir.
Ils sont confrontés à la difficulté de trouver un équilibre entre l’expression libre permise à tout individu, expression de leur identité personnelle, et à la retenue requise…
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Auteur: Patrick Lê, Professeur en sciences de gestion et sociologie des organisations, Neoma Business School

