De plus en plus, les frontières se brouillent entre les périodes de la vie consacrées aux études, à l’emploi et à la retraite. Cela soulève des enjeux : comment souhaitons-nous organiser ces différentes étapes dans notre société ? Et quelle place l’emploi doit-il occuper dans nos vies ?
Depuis le début des années 2000, la frontière qui existait entre les études, l’emploi et la retraite ne cesse de s’estomper. Derrière des mesures aussi diverses que l’encadrement du travail des adolescents, les crédits d’impôt destinés aux travailleurs expérimentés ou certaines réformes des retraites, une même tendance se dessine : la volonté d’accroître la participation au marché du travail tout au long de la vie.
Quel rôle jouent nos politiques publiques dans cette tendance ? Et quelles orientations souhaitons-nous à cet égard dans notre société ?
Dans une publication que j’ai cosignée récemment sur la réponse du Québec et du Canada au défi du vieillissement de la population, on observait que plusieurs réformes, depuis le début des années 2000, se sont employées à modifier la manière dont se font les transitions entre la jeunesse, l’âge adulte et la retraite, en favorisant la participation au marché de l’emploi tout au long de l’existence.
À titre d’exemples, le Québec a réglementé le travail des enfants, mis en place des politiques ciblant les jeunes, tout en multipliant les mesures destinées à retenir les travailleurs expérimentés sur le marché du travail.
À première vue, ces politiques semblent n’avoir aucun lien entre elles. Pourtant, lorsqu’on les replace dans une perspective historique plus large, elles peuvent être interprétées comme un mouvement de redéfinition des frontières qui séparent traditionnellement les grandes étapes du parcours de vie.
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Auteur: Pierre Tircher, Associate professor, Université de Montréal
