Si les jeunes adultes (18-25 ans) sont fortement préoccupés par la crise environnementale et se déclarent pour les deux tiers d’entre eux particulièrement engagés sur ce sujet, ils n’adoptent pas toujours des pratiques de consommation durables.
Cette dissonance entre leurs aspirations et leurs comportements s’observe en particulier dans le domaine alimentaire. Alors que les étudiants plébiscitent très majoritairement un engagement plus fort de l’État et des services de restauration universitaire dans la transition écologique, ils sont aussi moins nombreux que les générations plus âgées à adopter des pratiques alimentaires durables (limitation de sa consommation de viande, tri des déchets, réduction des emballages…).
Améliorer la situation pourrait passer par une plus grande implication des étudiants dans la conception des interventions nutritionnelles qui les concernent. Explications.
De nombreux étudiants victimes de précarité alimentaire
L’entrée à l’université s’accompagne souvent d’une émancipation du foyer familial, d’un sentiment de liberté et d’une affirmation de ses propres choix. Dans ce contexte, l’alimentation participe aussi à la construction de l’identité de ces jeunes adultes. Mais l’émergence d’un « soi alimentaire » est contrariée par les nombreuses contraintes qui pèsent sur les étudiants, notamment économiques.
Depuis la crise du Covid-19, des efforts sont menés pour mesurer la précarité alimentaire étudiante. La dernière enquête nationale menée par l’Observatoire de la vie étudiante révélait ainsi que 46 % des étudiants se trouvaient en situation d’insécurité alimentaire. Celle-ci est définie comme le fait de ne pas avoir un accès régulier à suffisamment d’aliments sains et nutritifs pour une vie active et saine.
Les chiffres sont toutefois disparates, avec 18 % d’insécurité alimentaire rapportée à l’université de Rouen Normandie,…
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Auteur: Alice Bellicha, Maître de Conférences, Université Sorbonne Paris Nord

