Étudiants serbes : « Nous n’aurions jamais imaginé un tel engagement civique »



Natalija Tasic, Nikola Cuturik et Džejlana Ahmetovic sont étudiant·es des universités de Novi Sad, Belgrade et Novi Pazar.

Fin 2024, nous menions une vie étudiante relativement normale. Relativement car, comme beaucoup de notre génération, nous étions attristés par le présent et inquiets pour l’avenir. La corruption systémique en Serbie transformait tout en combat pour les gens ordinaires : trouver un emploi décent, un logement ou des soins médicaux de qualité. Pour s’en sortir, il fallait jouer le jeu du parti au pouvoir, le Parti progressiste serbe, et de sa machine à corrompre.

Nous avons vu à quel point le régime avait capturé toutes les institutions.

Le régime attise les tensions intercommunautaires et interconfessionnelles, rouvrant sans cesse des plaies chez une génération qui aspire à la réconciliation et à la dignité collective. Nous ne pouvions supporter de voir notre pays se vider de ses habitants, ni notre écosystème pillé par des industries extractives. L’étincelle est arrivée le 1er novembre 2024, à Novi Sad, la deuxième ville du pays. Une partie du toit en béton de la gare ferroviaire, récemment rénovée, s’est effondrée, tuant 16 personnes.


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Le mouvement étudiant en Serbie est né à ce moment-là. Les étudiants ont exigé des comptes et la justice pour les victimes. Comment une infrastructure aussi élémentaire a-t-elle pu devenir un danger mortel pour la population ? Au lieu d’une réponse claire, les dirigeants se sont renvoyé la responsabilité. Des hommes de main présents aux rassemblements jusqu’à l’impuissance…

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