La NASA se prépare à lancer Europa Clipper vers Europe, l’une des lunes glacées de Jupiter, qui abrite très probablement un océan sous sa surface glacée. La mission a pour objectif d’étudier l’« habitabilité » de la lune Europe.
Les lunes glacées des planètes externes du système solaire n’ont pas fini de surprendre les scientifiques. Et en premier lieu parce qu’elles nous forcent à étendre la notion d’« habitabilité » – les conditions qui pourraient permettre à la vie, telle qu’on la connaît, d’éclore.
C’est pour étudier une de ces lunes que la mission Europa Clipper doit décoller le 12 octobre depuis Cap Canaveral en Floride, aux États-Unis – à partir du pas de lancement historique 39A qui a notamment vu s’envoler les missions Apollo, pour rejoindre une des lunes de Jupiter, appelée Europe.
Les lunes glacées des planètes externes redéfinissent la notion de « zone d’habitabilité »
Traditionnellement, la zone « habitable » est définie comme un intervalle de distance à l’étoile où l’eau liquide pourrait exister de façon stable à la surface. Trop prêt de l’étoile, il fait trop chaud et l’eau se trouve sous forme de vapeur. Trop loin de l’étoile, il fait trop froid et l’eau se trouve sous forme de glace. Ainsi, dans notre propre système solaire, seules la Terre et Mars sont dans la « zone habitable » (même si, sur Mars, l’eau liquide n’est pas possible en surface à cause de la trop faible pression atmosphérique).
Ainsi « habitable », ne veut en rien dire habité mais détermine les conditions minimales pour qu’une forme de vie similaire à celle que l’on connaît se développe et se maintienne.
Mais avec l’exploration du système solaire externe, et notamment des systèmes de Jupiter et Saturne, les scientifiques ont dû questionner la pertinence de cette définition, notamment avec la possibilité de grande quantité d’eau liquide en…
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Auteur: Frédéric Schmidt, Professeur, Planétologie, Université Paris-Saclay

