Europe : la nouvelle politique agricole commune est un désastre

Manuel Bompard est député européen La France insoumise, membre des commissions de l’Agriculture et de l’Environnement et directeur de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon.

Manuel Bompard Wikimedia/GUE/NGL


La poussière de la COP26 retombe à peine et déjà un nouvel accord climaticide et écocide à plus de 270 milliards d’euros s’apprête à être mis aux voix mardi prochain au Parlement européen : la réforme de la politique agricole commune (PAC). Celle-ci nous engagera jusqu’en 2027. C’est aujourd’hui la responsabilité du Parlement européen de la rejeter pour la remettre à plat.

Cette prétendue « réforme » — car il s’agit principalement de continuer comme avant — est un désastre, une honte et une trahison. Un désastre pour la planète, pour les agriculteurs et agricultrices, pour les animaux et pour chacun·e de nous. Une honte au regard de nos connaissances scientifiques et des urgences de la décennie. Une trahison pour l’agriculture écologique et paysanne laissée à l’abandon. Une trahison enfin pour les aspirations clairement exprimées des citoyen·nes, pour qui juste rémunération des paysan·nes, préservation de l’environnement et du bien-être animal, alimentation saine et locale constituaient les priorités.

Nouvelle PAC : le gouvernement investit peu sur l’environnement

Dotée de plus d’un tiers du budget de l’Union européenne, la PAC structure aujourd’hui l’ensemble du système agricole et alimentaire européen. C’est un levier politique immense. Nous parlons de centaines de milliards d’euros issus des impôts du contribuable. De notre argent. Et il est massivement détourné au profit des lobbys agro-industriels.

Le modèle agricole et alimentaire dans lequel ces lobbys nous enferment est responsable de plus d’un cinquième des émissions de gaz à effet de serre de la France. Il est la première cause de l’effondrement de la biodiversité dont nous avons besoin pour vivre et nous nourrir. Il pollue nos biens communs : l’air, l’eau et les sols. Il est à l’origine de la disparition massive et silencieuse des agriculteurs sans qui aucune transition agroécologique n’est possible : plus de quatre millions de fermes – une sur quatre – ont disparu dans l’Union européenne ces dix dernières années.

Pour quel résultat ? 30 % de la production agricole gaspillée dans le monde, la souffrance animale banalisée et huit millions de Français·es qui dépendent de l’aide alimentaire pour vivre.

Il y a urgence pour la biodiversité :…

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Auteur: Reporterre

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