La guerre d’Ukraine, Poutine, les dépenses militaires, l’Europe, il n’y a pas de pires sujets pour les gauches (ici, plus que jamais, le pluriel s’impose). Ce sont les thèmes les plus clivants du rapport à la nation, du « campisme », qui fait toujours de la résistance trente-cinq ans après la disparition de l’URSS, et des transferts de souveraineté qui interrogent aujourd’hui les partis de gauche. On n’a donc pas été surpris des divergences qui sont apparues au lendemain de l’appel très solennel d’Emmanuel Macron en faveur d’une augmentation des dépenses militaires et de la création d’une défense européenne.
Les partis de gauche peinent parfois à saisir la nature d’une guerre que l’on qualifie d’hybride, mais qui est multidimensionnelle, militaire et économique en Ukraine, et idéologique ailleurs en Europe. À cette difficulté, s’ajoute la crainte de ne pas laisser piller les budgets sociaux et environnementaux au prétexte, historiquement bien connu, d’union nationale.
Le président de la République s’est exprimé devant les Français le 5 mars dernier lors d’une allocution suivie par plus de 15 millions de téléspectateurs. Le propos était grave. Le tableau dressé plutôt juste et lucide – même si l’on peut regretter qu’il n’ait été que très peu question des États-Unis qui font désormais partie du problème. Il s’agissait néanmoins de ne pas minimiser la bascule mondiale qui s’opère sous nos yeux et qui nous ramène à un niveau de tension jamais égalé depuis la Seconde Guerre mondiale.
Mais il y avait au moins deux angles morts dans cette intervention des plus solennelles. La première concernait l’effort de guerre…
Auteur: Denis Sieffert

