En 1990, après ses études en agronomie, Laurence Marandola part en Bolivie pour un stage de six mois. Elle y restera finalement seize ans. À son retour en France en 2006, elle s’installe en Ariège, où elle élève des lamas et cultive des pommes, des plantes médicinales et des herbes aromatiques. Elle entre au comité national de la Confédération paysanne en 2017. Elle est en élue porte-parole nationale le 24 mai 2023 et devient la première femme à exercer seule cette responsabilité.
Vous n’êtes pas directement issue du monde agricole. Qu’est-ce qui vous a poussée à vous engager dans les luttes paysannes ?
Même si mes parents n’étaient pas agriculteurs, je suis issue du monde rural. Lorsque j’étais lycéenne, j’ai été bouleversée par l’impuissance et les difficultés des paysans à l’annonce de la réforme de la politique agricole commune de 1992. J’ai compris à ce moment que des politiques qui me semblaient lointaines pouvaient affecter de façon très concrète la vie des paysans. Mes années passées en Bolivie ont aussi été un déclencheur. J’ai eu la chance de travailler longtemps dans des communautés indigènes en montagne et de voir qu’elles étaient aussi touchées de plein fouet par l’application du néolibéralisme, avec des conséquences d’une extrême violence. Une de mes premières missions a été de m’investir pour rendre visible la cohérence et l’efficacité des pratiques paysannes. En Bolivie comme en France, il y a ce mythe que les nouvelles technologies incarnent le futur de l’agriculture et que le modèle paysan est has been, alors qu’il est au contraire facteur de progrès, porteur d’un combat pour la justice sociale et environnementale.
À votre retour en France, comment s’est construit votre parcours au sein de la Confédération paysanne ?
Quand je suis arrivée en Ariège, l’idée n’était pas forcément de m’installer…
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Auteur: Vanina Delmas

