EXCLUSIF. Aurore Bergé dévoile un plan de lutte contre la prostitution

La Croix : Vous présentez, jeudi 2 mai, un plan de lutte contre la prostitution et l’exploitation sexuelle qui vise à renforcer l’application de la loi de 2016, qui pénalise le client. Elle n’était pas assez appliquée ?

Aurore Bergé : Cette loi courageuse, qui porte les valeurs et la vision abolitionniste de la France, était appliquée de manière inégale. Aujourd’hui, des commissions dédiées ont été créées sous l’autorité des préfets dans tous les départements. Et cette stratégie contre le système prostitutionnel, que je coordonne, sera déclinée et adaptée à la réalité du terrain.

Que prévoit ce plan ?

A. B. : C’est la première fois qu’on met en place une stratégie nationale contre le système prostitutionnel, avec notamment un axe dédié à l’exploitation sexuelle des mineurs. J’ai travaillé main dans la main avec plusieurs ministères – intérieur, justice, enfance et santé – en rappelant que nos cibles ne sont pas les femmes et les hommes qui sont dans la prostitution mais les proxénètes qui pratiquent la traite des êtres humains et les clients qui contribuent à l’alimenter.

Ce plan prévoit une formation systématique des forces de l’ordre sur le repérage, l’identification, l’interpellation mais aussi une meilleure prise en charge des femmes qui ont subi la prostitution et qui doivent être considérées comme des victimes de violences. Il mettra également en place des actions d’entrave à l’activité des prétendus « salons de massage » qui abritent la prostitution. L’objectif est, bien sûr, d’augmenter le nombre de condamnations à l’encontre des proxénètes et des clients.

Que prévoyez-vous pour mieux accompagner les personnes qui veulent sortir de la prostitution ? Selon les associations, le nombre de parcours de sortie est faible en raison, notamment, d’une aide financière insuffisante.

A.B. : L’aide financière d’insertion sociale (Afis) est de 343…

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Auteur: Recueilli par Paula Pinto Gomes