Vous lisez l’enquête « Mines : l’héritage toxique de la France ».
Le deuxième volet, « Le calvaire des victimes des mines empoisonnées », est à lire ici.
Le troisième volet, « Il n’y a pas d’après-mine heureux ! », est à lire ici.
Reporterre participera sur France Inter dimanche 5 juin à 14 h 40 à l’émission « C’est bientôt demain » consacrée à cette enquête.
Si vous êtes une entreprise minière et que vous cherchez des gisements à exploiter en France, vous les trouverez sans difficulté. Le Bureau des recherches géologiques et minières (BRGM) vous a préparé un atlas, complété par des bases de données et un portail sur le site Mineralinfo.
Si vous cherchez à visiter des musées de la mine, pas de problème non plus : le BRGM les a cartographiés sur son site pour vous encourager à aller admirer notre patrimoine industriel. En revanche, on trouve peu de documents publics permettant de comprendre que plusieurs siècles d’exploitation minière en France ont créé une montagne de problèmes insolubles.
Le bassin de décantation près des mines de Saint-Pierre-la-Palud (Rhône). © Manu Feyeux / Reporterre
En 2006, la Commission européenne a émis une directive pour obliger les pays membres à améliorer la gestion des déchets des industries extractives. « Les déchets miniers représentent les volumes de déchets les plus conséquents de l’Union européenne, a-t-elle constaté. Ils peuvent contenir de grandes quantités de substances dangereuses. »
De fait, la mine est le secteur industriel qui produit le plus de déchets. C’est logique : pour exploiter un gisement, on va d’abord extraire de très importants volumes de roches qui en barrent l’accès, les « stériles ». Une fois arrivé au gisement, il faut broyer la roche en poudre fine, la lessiver, la faire réagir avec des substances chimiques (acides, cyanure, etc.) pour en extraire des minéraux présents en très faible quantité — ces divers traitements produisent d’autres déchets appelés « résidus ». Stériles et résidus contiennent souvent des métaux toxiques — arsenic, plomb, cadmium, mercure… — et autres composés chimiques qui, une fois au contact de l’air et de l’eau, réagissent et peuvent être drainés dans les cours d’eau et les sols.
Des centaines d’années de pollution
Ces déchets dangereux, qui peuvent polluer l’environnement pour des centaines d’années, nécessitent d’être confinés et protégés des aléas, ce qui, étant donné leur volume, est…
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Auteur: Reporterre

