Cuq-Toulza (Tarn), reportage
Dans le Tarn, c’est le calme après la tempête. Sur les coteaux de la vallée du Girou, les précipitations intenses des dernières semaines ont laissé des stigmates. Les rivières débordent par endroits, les champs sont inondés et les travaux de l’autoroute A69 pataugent. « Le chantier n’avance plus depuis quelques jours, on peut même dire qu’il recule. De nombreuses zones sont inondées. Certains tas de remblais s’effondrent, et cela va entraîner des travaux supplémentaires », raconte Camille, un opposant du collectif La Voie est libre.
Ces pluies importantes, qui continuent de s’abattre sur la région, mettent également en exergue de nombreuses malfaçons et irrégularités du chantier. Sur les hauteurs de Cuq-Toulza, une commune au bord du tracé, un bassin de traitement des effluents du chantier déborde. L’eau, qui n’est pas encore traitée et qui charrie des sédiments du chantier, s’échappe du bassin et s’écoule dans le champ attenant, avant de rejoindre le milieu naturel et la rivière de la Ribenque, en contrebas.
« Une grande partie des bassins de traitement du chantier est sous-dimensionnée, affirme Jacques Thomas, ingénieur écologue et opposant au chantier de l’A69, entre Toulouse et Castres. Quand il pleut, tous ces ouvrages hydrauliques, chargés de décanter l’eau avant qu’elle ne rejoigne les cours d’eau, ne remplissent plus leur fonction. C’est très dangereux pour nos rivières. »
Des seuils dépassés
Les écoulements qui débordent des bassins et rejoignent le milieu naturel sont troubles et semblent chargés de sédiments. Ces effluents doivent pourtant être analysés de manière hebdomadaire par le concessionnaire et respecter certains seuils, selon l’autorisation environnementale du chantier de l’A69.
Cette autorisation, qui avait été annulée en première instance par la justice administrative en février 2025, précise que les…
Auteur: Antoine Berlioz, Justin Carrette

