En mars 2022, des militants d’extrême droite armés, déjà condamnés, proches de policiers et liés au RN assassinaient une star du rugby dans un silence médiatique et politique assourdissant. Ils sont jugés à partir du 7 septembre.
«Ce que j’ai préféré, ce sont les quatre dernières bastos que je lui ai mises dans le buffet». Ce sont les mots glaçants du néo-nazi Loïk Le Priol, à propos du rugbyman Federico Martín Aramburú, qu’il a tué en pleine rue. C’est depuis sa cellule, où il a pu faire rentrer un téléphone portable, que le tueur d’extrême droite a tenu ces propos totalement dénués de remords, lors d’une conversation téléphonique entendue par un surveillant.
Cet ancien militaire, membre du GUD et de réseaux liés à Marine Le Pen, qui était protégé par la police jusqu’à son arrestation en Hongrie, sera jugé avec ses complices à partir de demain, lundi 7 septembre. Ce procès est l’occasion de montrer la violence de l’extrême droite, son impunité, ses complicités au sein des autorités, et surtout de parler de la mémoire de Federico Martín Aramburú. Pour rappel, il y a quatre ans, sa mort était passée quasiment inaperçue dans les grands médias, et n’avait suscité aucune réaction d’ampleur, alors qu’une élection décisive allait avoir lieu.
Revenons en arrière. Nous sommes quelques jours avant les dernières élections présidentielle, le 19 mars 2022, au cœur de Paris : deux néo-nazis alcoolisés agressent un homme non-blanc qui leur demandait une cigarette. Les injures racistes fusent, et un rugbyman argentin ayant une brillante carrière internationale s’interpose : c’est Federico Martín Aramburú. Avec son ami, il se retrouve roué de coups par les néo-nazis. Le plus violent, Loïk Le Priol, ancien du GUD – groupuscule violent d’inspiration fasciste –, exhibe un brassard de police pendant la bagarre.
L’altercation ne s’arrête pas là. Les…
Auteur: B
