Au 15, boulevard Picpus, dans l’Est parisien, le mardi après-midi, on entend parler pachto, dari, arabe soudanais, somali. Les patient·es sont afghan·es, gabonais·es, sénégalais·es ou iranien·nes. Une vingtaine – majoritairement des hommes – viennent consulter, gratuitement, des psys, des médecins généralistes, des juristes. Ici, la permanence hebdomadaire de Médecins du monde (MdM) a pour objectif de répondre à une problématique qui se situe, selon l’association, dans « l’exact angle mort des politiques publiques » : la prise en charge de la santé mentale et des traumatismes des exilé·es.
Quand on a commencé les consultations en 2017, on s’est aperçus que les patient·es faisaient valoir des angoisses très liées au juridique.
P. Alauzy
« Quand on a commencé les consultations en 2017, on s’est aperçus que les patient·es faisaient valoir des angoisses très liées au juridique », souligne le coordinateur de la permanence psy Paul Alauzy, pour expliquer la présence des différentes professions. Selon l’équipe, lorsque les migrant·es parlent aux psychologues, ils et elles abordent bien plus souvent leurs conditions de vie en France que les traumatismes de l’exil. Paul Alauzy liste ainsi « trois violences » qui s’additionnent : celle du départ – fuir la guerre, la dictature, la misère, etc. –, celle du trajet – de la torture en Libye aux violences des frontières européennes –, et celle de l’arrivée, avec la violence institutionnelle, la vie à la rue et les problèmes administratifs.
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Auteur: Maya Elboudrari

