Dans cet article , Claire (Quassine) Cical propose une critique généalogique et systémique de l’ouvrage Exocapitalism : Economies with Absolutely No Limits de Marek Poliks et Roberto Alonso Trillo, et de la thèse selon laquelle le capitalisme contemporain serait ontologiquement autonome à l’égard de toute médiation humaine. Contre cette hypothèse, l’autrice montre qu’il s’agit en réalité de l’expression terminale d’un long processus d’abstraction réelle, au cours duquel la médiation est progressivement formalisée, déplacée et rendue invisible plutôt qu’abolie. En mobilisant les travaux de Jacques Ellul, Jacques Camatte, Giorgio Cesarano et la Théorie Minimale du Processus d’Abstraction, l’analyse situe le capital comme un milieu total qui demeure structurellement dépendant de la médiation humaine tout en niant son origine. L’article mobilise ensuite le concept girardien de mensonge romantique afin de montrer que l’exocapitalisme fonctionne comme un mythe moderne de l’autonomie, attribuant au système lui-même désir, agentivité et inévitabilité, et dissolvant ainsi la responsabilité politique.
Introduction : La Tentation de l’Abstraction
Paru en août 2025, Exocapitalism : Economies with Absolutely No Limits est un ouvrage co-écrit par Marek Poliks et Roberto Alonso Trillo, avec une préface de Charles Mudede et une postface d’Alex Quicho. Il s’agit de la première édition du livre, publiée en format broché par Becoming Press, éditeur indépendant basé à Berlin.
Becoming Press se spécialise dans la littérature mineure et les publications para-académiques qui explorent les zones conceptuelles de l’entre-deux et de la théorie contemporaine : pensée critique, littérature d’avant-garde théorique, intersections entre médias, art et philosophie, avec souvent un dialogue de la théorie avec des pratiques expérimentales. Becoming Press se définit comme un projet éditorial…
Auteur: dev

