Après dix-huit mois d’expédition scientifique, la goélette Tara a rejoint son port d’attache à Lorient le 5 octobre. Le navire de la fondation Tara Océan était une pièce maîtresse du projet Trec (Traversing European Coastlines), qui visait à récolter une vaste quantité d’échantillons dans les écosystèmes côtiers de toute l’Europe, sur terre et en mer, de la Finlande à la Grèce en passant par les côtes portugaises. Les quelque 70 000 échantillons collectés doivent permettre de mieux comprendre ces écosystèmes extrêmement riches et complexes, et leur adaptation aux perturbations et pollutions humaines.
Colomban de Vargas, directeur scientifique de cette expédition Tara et directeur de recherche CNRS/Sorbonne Université tire pour Reporterre un premier bilan de ce travail titanesque, impliquant des centaines de chercheurs et 90 institutions scientifiques. Il souligne à quel point les micro-organismes constituent un monde à part entière, aussi essentiel que méconnu, dont la découverte progressive par la science pourrait changer radicalement notre vision de l’écologie.
Reporterre — Pourquoi était-ce si important d’explorer les écosystèmes côtiers ?
Colomban de Vargas — Les littoraux ont cette caractéristique extraordinaire d’être à l’interface de la terre, de l’eau, des sédiments et de l’air. Ils sont un lieu de transition, appelé écotone en écologie, entre plusieurs écosystèmes fondamentaux de notre biosphère. Et lorsque les milieux se mélangent, cela apporte une très grande richesse en termes de biodiversité. Les apports chimiques des différents milieux créent une multitude d’environnements différents.
En passant par la Suède, l’Irlande, l’Atlantique, la Méditerranée, sur 24 000 kilomètres en mer, on a exploré toutes les côtes européennes et eu accès à une grande variété de milieux fondamentaux, qui balayent des climats très différents. La quantité de données…
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Auteur: Vincent Lucchese

