Une balance commerciale agricole et agroalimentaire négative. C’était la crainte de la ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, pour l’année 2025. Concrètement, un solde négatif signifie que la France importe davantage de produits agricoles qu’elle n’en exporte. Ce n’est plus arrivé depuis 1978. Depuis des décennies, la France se targue d’être une puissance agricole exportatrice dont la vocation serait de « nourrir le monde », même si cela fragilise les systèmes productifs locaux de pays tiers.
Selon une note publiée le 6 février 2026 par Agreste, le service de statistiques du ministère de l’Agriculture, le solde français des échanges agroalimentaires en 2025 est finalement positif : avec un excédent d’environ 200 millions d’euros. La capacité d’exportation de produits agricoles de la France reste donc légèrement supérieure à son taux de dépendance aux importations. Toutefois, cet excédent agroalimentaire français atteint son « plus bas niveau depuis la fin des années 1970 », relativise Agreste. Comment expliquer la dégradation du bilan agricole ?
La grande distribution s’approvisionne hors de France
Ces derniers mois, la hausse des prix de produits importés – tels que le cacao et le café – s’est conjuguée à la baisse des exportations de vins et spiritueux français, freinées par les droits de douane imposés par les États-Unis et par la Chine.
La balance commerciale agricole française est en réalité largement tirée par l’industrie agroalimentaire, c’est-à-dire les produits transformés, à forte valeur ajoutée, au premier rang desquels se trouvent les vins et spiritueux (18 milliards d’euros), les produits d’épicerie (12 milliards d’euros) ou encore les produits laitiers (9 milliards d’euros). Les produits bruts exportés (blé, maïs) sont importants en termes de quantités, mais ils ne pèsent pas grand-chose en termes monétaires, puisqu’il s’agit…
Auteur: Sophie Chapelle

