Après l’expulsion du squat Duparge le mardi 16 juin et celle du squat du Chemin Vert le mardi 7 juillet, c’est un nouveau squat officialisé par l’Assemblée Générale de Lutte contre toutes les expulsions qui est expulsé à Caen, et de nouvelles personnes mises à la rue par l’Etat.
Le squat du 4 rue Paul Langevin, un grand immeuble de huit étages destiné à un projet de réhabilitation, était squatté depuis le 19 mars 2022. Une petite dizaine d’appartements étaient occupés par des familles en exil. Le propriétaire, le bailleur social Caen La Mer Habitat, avait entamé une procédure de justice, et deux ordonnances d’expulsion, datant de septembre et octobre 2022, avaient été émises par le tribunal judiciaire de Caen.
D’après la presse, la police a contrôlé la situation administrative de 10 habitant-es présent-es sur les lieux au moment de l’expulsion et une association de protection civile a conduit certain-es d’entre elles et eux vers des solutions temporaires d’hébergement d’urgence.
Pendant ce temps, les AirBNB se remplissent de touristes et les spéculateurs immobiliers s’enrichissent. Environ 10 000 logements sont vacants dans l’agglomération caennaise (10 197 exactement en 2022 selon les chiffres de l’INSEE), mais le nombre de personnes sans toit ou vivant dans des conditions merdiques ne cesse de grandir. Et pendant que la police passe son été à expulser des squats, la détresse de personnes sans domicile accablées par la chaleur dans la rue est quotidienne, tout comme celle de familles meurtries par l’instabilité et l’insécurité permanente, entre hébergement temporaire par-ci, chambre dans un squat par-là, chez des potes, dans une voiture ou parfois au 115, et celle de milliers d’individus qui peinent à trouver un logement décent. A qui profite le crime ? Aux grands propriétaires et autres marchands de sommeil qui peuvent augmenter les loyers tout en sachant qu’ils trouveront bien…
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