Cayenne (Guyane), correspondance
La lutte contre l’orpaillage illégal a-t-elle atteint un insatisfaisant plafond de verre ? C’est le sentiment que laisse le dernier bilan de la lutte contre l’orpaillage illégal (LCOI), présenté le 4 décembre par la préfecture de Guyane. Stimulée par un cours de l’or en pleine explosion, avec un gramme qui se vend près de 120 euros, l’extraction informelle d’or, en léger déclin ces dernières années, connaît un important rebond.
En 2025, 178 sites primaires (visant la roche mère) et 413 alluvionnaires (exploitant les cours d’eau) ont été travaillés par quelque 8 000 garimpeiros, des migrants presque tous d’origine brésilienne. Soit près de 200 chantiers, et 1 000 orpailleurs de plus qu’en 2023, quand le gramme d’or oscillait encore autour de 50 euros. Aujourd’hui, l’activité informelle extrait près de 6 tonnes d’or par an contre 1 pour la filière légale locale.
Manque de moyens
L’orpaillage illégal se retrouve dans tout le département, y compris à proximité des villes du littoral, mais se concentre dans le sud, sur le territoire théoriquement sanctuarisé du parc amazonien. Entre février et juillet 2025, celui-ci a noté une hausse de 46 % du nombre de chantiers, particulièrement dans le secteur de Maripasoula, dans le Haut-Maroni. Comme Reporterre vous le racontait ici et là, chaque gramme d’or y draine depuis trente ans son lot d’insécurité, de destructions environnementales et de contaminations aux métaux lourds.
Face à cette hydre, le dispositif « Harpie », lancé en 2008 et mobilisant quotidiennement près de 300 militaires sur le terrain, a été présenté comme n’ayant jamais été aussi efficace. De fait, s’ils sont désormais répartis sur plus de sites, les garimpeiros restent moins nombreux qu’en 2017, quand…
Auteur: Enzo Dubesset

