La victoire de Trump lors de l’élection présidentielle états-unienne a fait l’objet d’intenses discussions partout dans le monde, en particulier à gauche. Comment en est-on arrivé là ? Beaucoup d’éléments ont été avancés – parfois importants, quelquefois anecdotiques voire grotesques – mais il semble que soit largement sous-estimé le facteur principal : la démobilisation de l’électorat démocrate, liée au bilan de Joe Biden et à la campagne particulièrement droitière de Kamala Harris.
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Une lecture unilatéralement pessimiste de l’élection présidentielle américaine présente deux désavantages notables. Du premier, on ne conviendra pas de manière évidente. Il faut l’envisager néanmoins : on risquerait de passer à côté du pittoresque et du merveilleux qui imprègnent cet épisode politique, fatal pour ce qu’il restait encore de vernis de décence et de rationalité officielles.
Qu’on y songe. Le président qui vient d’être élu avec un soutien renforcé dans tous les secteurs de l’électorat par rapport à sa première victoire en 2016 est celui-là même qui a présidé à la gestion catastrophiquement meurtrière de la pandémie du Covid19 ; qui a fomenté l’émeute du 6 janvier 2021 contre le Capitole ; qui a été unanimement reconnu coupable de trente-quatre chefs d’accusation de falsification comptable dans une affaire de paiement dissimulé en vue d’obtenir le silence d’une actrice de X dont il avait obtenu une relation sexuelle ; qui a été condamné pour violences sexuelles (en 1996) et diffamation de sa victime à laquelle il a dû verser la somme de cinq millions de dollars (en 2023) ; qui a dû rembourser 25 millions de dollars aux étudiant.es piégé.es dans l’escroquerie de la « Trump University » ; qui s’est amusé à simuler une fellation sur un micro dans un meeting de campagne ; a diverti son auditoire avec ses commentaires explicites sur les parties…
Auteur: redaction

