Alors que le spectre d’un départ du gouvernement Bayrou avant le 10 septembre se fait de plus en plus fort, celui d’une cohabitation avec le Rassemblement National, possiblement souhaité par Macron lui-même ré-émerge aussi. Il faut dire qu’en France, l’extrême droite est parvenue à s’imposer comme une force politique majeure, à apparaître pour des millions de Françaises et de Français comme l’opposition au système, tout en nourrissant et en exprimant des affects racistes puissants. Mais alors, comment en sommes-nous arrivés là ? L’année dernière sortait un livre de l’Institut La Boétie (le think tank de la France Insoumise), édité par les Editions Amsterdam et coordonné par le sociologue Ugo Palheta, Extrême droite : la résistible ascension. Celui-ci peut nous éclairer. Recension.
La promesse de l’extrême droite : le racisme
Le racisme reste le produit d’appel de l’extrême droite. Cela semble presque banal de le rappeler, mais un certain nombre de confusions se sont immiscées dans l’analyse de l’extrême droite du fait de notions comme le “gaucho-lepénisme” ou les “fâchés pas fachos” qui ont contribué à une idée quelque peu auto persuasive et rassurante, celle que les électeurs RN ne seraient “pas vraiment racistes” et qu’il s’agirait plutôt d’un vote de malentendu (contestataire, anti-Macron, séduit par le versant “social” du RN…). Un certain matérialisme vulgaire a du mal à appréhender l’attrait du racisme qui serait, à priori, contraire aux intérêts de classe des électeurs RN, sans voir, précisément, que le racisme a une dimension sociale et matérielle concrète. Par ailleurs constater – et il le faut – que le racisme est le principal motif du vote RN ne dit rien de l’attitude tactique qu’il s’agit d’avoir vis-à-vis de ce public (compréhension paternaliste, opposition frontale et violente, mépris, ostracisation…), question qui est source…
Auteur: Rob Grams

