Aurélien Mondon est professeur de science politique, spécialiste de la normalisation de l’extrême droite à l’université de Bath, en Angleterre. Il explique comment la diabolisation de la gauche dans les médias sert un agenda réactionnaire, que ce soit en France, au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Australie.
Quel rôle jouent les médias dans la banalisation des idées d’extrême droite et la diabolisation de la gauche ?
Aurélien Mondon : Le rôle des médias est central. Ils participent à la construction du discours public et à la hiérarchisation de ce qui devient prioritaire dans ce discours. On a souvent tendance à pointer du doigt les réseaux sociaux : Facebook, X ou les chaînes réactionnaires comme CNews ou, avant elle, Fox News aux États-Unis. Mais se limiter à ces cas serait une erreur d’analyse. Des médias mainstream ont aussi contribué à faire le jeu de l’extrême droite, en lui accordant une visibilité démesurée.
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Dans mes recherches sur les sondages d’opinion menés par l’Eurobaromètre (1) ces vingt dernières années, on observe une dissonance frappante : l’immigration apparaît comme une préoccupation majeure lorsqu’on demande aux gens quels sont les problèmes de leur pays. Mais, quand on leur demande quels sont les problèmes de leur vie quotidienne, l’immigration disparaît presque totalement.
L’Eurobaromètre est un ensemble de sondages menés par les institutions de l’Union européenne.
Les problèmes qui apparaissent alors sont ceux qui seraient plus propices à la gauche (emploi, coût…
Auteur: William Jean

