« Je ne suis pas mécontente de l’existence que j’ai menée. Un jour, quand on évoquera mon nom, j’aimerais que l’on dise : “C’était la fée des animaux” », confiait Brigitte Bardot à Paris Match en 2018. L’ancienne actrice et défenseuse infatigable des animaux, âgée de 91 ans, s’est éteinte le 28 décembre dans sa propriété de La Madrague à Saint-Tropez. Fée, ou sorcière ? Elle laisse en effet un héritage embarrassant au monde de la protection animale, partagé entre la reconnaissance envers une pionnière de la cause et le rejet de ses propos racistes, homophobes et son soutien à des acteurs accusés d’agressions sexuelles et de viols, ainsi que de sa proximité avec l’extrême droite.
Brigitte Bardot naît le 28 septembre 1934 à Paris, dans une famille bourgeoise catholique. Elle débute comme danseuse et mannequin avant de connaître la gloire au cinéma en 1956 avec le film Et Dieu… créa la femme, réalisé par son premier mari, Roger Vadim. Déjà, elle évoque dans la presse son amour des bêtes. « J’aimerais vivre à la campagne, dans une ferme, et élever des animaux sans jamais les tuer. J’en ferais le refuge de toutes les pauvres bêtes de la région », confie-t-elle à Cinémonde dès 1955.
En 1960, elle achète une bergerie du XVIIIe siècle à Bazoches (Yvelines), où elle commence à recueillir et soigner des animaux. En 1962, au faîte de sa gloire cinématographique, elle impose à l’émission « Cinq colonnes à la une » un sujet sur la souffrance animale dans les abattoirs. « Le sujet n’est [alors] pas en vogue », euphémise Le Monde. Dans la foulée, elle rend visite au ministre de l’Intérieur de l’époque Roger Frey, trois pistolets d’abattage indolores dans son sac Louis Vuitton.
Mais ce n’est qu’en 1973 qu’elle tourne définitivement le dos au cinéma pour se consacrer à la défense des animaux. En avril 1977, elle se rend sur la…
Auteur: Émilie Massemin

