De l’abattoir à la porcherie
«L’Europe, c’est la paix et les droits de l’Homme» nous avaient promis les européistes. À elle seule, l’agence Frontex prouve qu’il s’agit d’un énorme mensonge. Frontex, c’est la contraction de «frontière extérieure», le nom donné à une institution créée en 2004 par l’UE pour «sécuriser les frontières» européennes, c’est-à-dire traquer les réfugié-es, les repousser en Méditerranée et organiser une forteresse autour de notre continent.
Frontex bénéficie de 500 millions d’euros de budget annuel, qu’elle utilise pour construire des camps aux portes de la Grèce ou de l’Italie, pour patrouiller au-dessus de la Méditerranée ou de la Manche ou pour repousser des réfugiés à l’Est de l’Europe. Frontex met aussi au point des méthodes de surveillance extrêmement invasives depuis des années pour contrôler et frapper les corps : drones, vidéosurveillance, biométrie, capteurs thermiques et canons à son. L’agence est un laboratoire d’expérimentation du pire de la répression et de la technopolice.
L’agence Frontex est régulièrement accusée de graves violations des droits humains. Notamment avec la pratique du «push back», qui consiste à refouler illégalement des personnes exilées, notamment en faisant chavirer des embarcations chargées d’êtres humains. Quand ils n’interviennent pas directement, les gardes côtes peuvent aussi délibérément ignorer les appels de détresse de réfugiés en mer, ce qui est une non assistance à personne en danger.
En juin 2023, 79 corps étaient repêchés et des centaines de personnes portées disparues au large de la Grèce. Parmi elles, une centaine d’enfants. C’était le pire naufrage en Méditerranée depuis des années. Un avion de Frontex avait repéré l’embarcation en détresse deux jours plus tôt, mais personne n’était venu secourir les naufragé-es.
En avril 2021, un pêcheur libyen avait alerté sur…
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Auteur: B

