La défense des terres nourricières
Suite à l’expulsion du paysan qui gérait le terrain sur les terres de Marienia, les basques ont riposté. Ce dimanche 14 juin, 250 personnes se sont réunies pour bâtir une bergerie pirate, sous le regard placide du troupeau de 50 brebis installé dans la semaine.
Les brebis proviennent de différents troupeaux, ce qui montre l’adhésion forte de la communauté paysanne pour garder ces terres à vocation agricole. Anciens élus d’oppositions (Nahi Dugun Herria), paysans (Lurzaindia) et habitants (Ostia) ont uni leurs forces pour faire barrage aux bulldozers dans les tribunaux, et sur le terrain.
« Le collectif Ostia a rejoint la lutte depuis cinq ans parce que ce projet immobilier est une aberration terrible », explique Xam Coscarat pour La Relève et La Peste. « Ces trois hectares 800 sont devenus constructibles pour des intérêts d’argent. Or, le même champ, côté Itxassou, la commune attenante, est resté agricole !
Pose du toit de la bergerie – Crédit : Laurie Debove
La défense de Marienia est fondamentale pour nous, nos enfants et pour l’avenir. Alors que les rapports successifs du GIEC nous alertent sur les futures périodes d’insécurité alimentaire dues aux conséquences du changement climatique, détruire les terres agricoles est une folie. »
Dans les tribunaux, les porteurs de projet ont prétendu que ces terres n’avaient aucun intérêt agricole, ce qui leur a permis de gagner plusieurs manches, provoquant le courroux des paysans.
« Ce qui me révolte, c’est qu’il y a des paysans qui travaillent au péril de leur vie dans des tracteurs sur des pentes abruptes du Pays basque, et qui rêveraient d’avoir des terres plates et fertiles comme celles-ci », dénonce Dominique Amestoy, président de Lurzaindia, pour La Relève et La Peste.
L’association Lurzaindia a pour mission de lutter contre la spéculation pour préserver les terres agricoles, en les achetant pour…
Auteur: Laurie Debove

