Face à la crise des lycées, l’urgence d’être adulte

Élever un enfant est une affaire d’adultes. Au pluriel. Le service de l’éducation n’est pas l’apanage de la seule éducation nationale. Celle-ci, grand corps malade, se trouve au cœur d’un mouvement aussi soudain qu’irrationnel. Les revendications disparates, pour certaines justifiées, s’expriment dans la confusion et hélas la violence par la voix de lycéens pour la plupart mineurs. Cette crise place « le monde des grands » devant ses responsabilités. Quelles réponses, et surtout quelle posture adopter, devant une colère qui a déjà, par endroits, dégénéré ?

Agir en adulte, c’est poser des limites

Les murs moisis, les absences non remplacées, la baisse du niveau, l’angoisse des voies de garage. On ne va pas résorber en une semaine un demi-siècle de politique éducative erratique. Dans l’immédiat, une urgence s’impose, celle de se comporter en adulte. Le désarroi des lycéens doit être évidemment entendu. Et chacun peut considérer avec sympathie le désir de s’engager dès le plus jeune âge. Mais agir en adulte, c’est poser des limites. Brûler un établissement n’a jamais amélioré les conditions de travail. Bloquer un lycée sur la durée n’a jamais permis d’obtenir un meilleur Parcoursup.

Quant au refus d’obtempérer face à un policier, c’est le contraire d’un acte héroïque : cela peut même s’apparenter à une mise en danger de sa vie ou de celle d’autrui. Autant d’évidences qu’on n’aurait pas à rappeler si le discours ambiant n’avait longtemps considéré les manifestations lycéennes comme un rite de passage. Il est temps d’en finir avec ce romantisme « adulescent ». L’État, les collectivités, les élus, les enseignants, les parents, les forces de l’ordre, les juges – bref tout ce que ce pays compte d’adultes en responsabilités –, chacun a son rôle pour répondre avec justesse et fermeté à l’aspiration légitime…

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