L’Union européenne regroupe des pays avec des histoires, des structures sociales et des modes de régulation différents. Tous ont choisi d’accepter les mêmes règles pour partager la même monnaie. Pourtant, l’analyse montre plusieurs rapports à la dette publique. Trois blocs de pays émergent de l’analyse : le Sud, le Nord et l’Est. Ces différences auront-elles un effet centrifuge ? Ou sont-elles compatibles avec une monnaie unique ?
Les questions relatives à la dette publique occupent une place prépondérante dans les débats politiques et économiques européens. Depuis la crise financière mondiale de 2008, suivie de la crise des dettes souveraines entre 2010 et 2012, puis de la pandémie de Covid-19, les divergences structurelles entre les pays de l’Union européenne (UE) se sont considérablement accentuées. Face à ces bouleversements, l’étude de la gestion des finances publiques au sein de trois grands blocs régionaux européens – le Nord, le Sud et l’Est – apparaît déterminante pour comprendre les dynamiques de l’endettement et l’efficacité des politiques économiques mises en œuvre.
La question de la dette publique se pose d’autant plus fortement que l’UE cherche à maintenir son unité économique et monétaire, tout en respectant les principes du Pacte de stabilité et de croissance (PSC). Les règles budgétaires communes, fondées sur des plafonds de déficit et d’endettement, ont été conçues pour garantir la soutenabilité à long terme des finances publiques et la stabilité de l’euro. Cependant, l’hétérogénéité des situations nationales, conjuguée à la persistance de chocs économiques asymétriques, met à l’épreuve la capacité de l’UE à coordonner efficacement ses politiques fiscales et budgétaires. Pour étudier ce phénomène, les pays ont été classés selon les structures de leurs économies ainsi que les courants politiques de gestion de la dette. Trois…
Auteur: Hugo Spring-Ragain, Doctorant en économie / économie internationale, Centre d’études diplomatiques et stratégiques (CEDS)

