Rangiroa (archipel des Tuamotu, Polynésie française), reportage
Victor Cadousteau est catégorique. « Je n’ai jamais vu l’eau monter autant. » En 69 ans de vie, ce Paumotu — habitant de l’archipel des Tuamotu — n’a jamais vu l’atoll de Rangiroa ainsi. Situé en Polynésie française, l’archipel des Tuamotu est le plus grand ensemble d’atolls coralliens au monde. Ces îles basses affleurent au-dessus de l’océan. Formées d’un long ruban de terre émergée d’à peine quelques centaines de mètres de large, leur altitude dépasse rarement 4 mètres. La montée des eaux due au réchauffement climatique prend ici une acuité particulière.
Victor Cadousteau, adjoint au maire de la commune de Rangiroa, ne compte plus les visites — ONG, politiques, médias, scientifiques… — reçues à ce sujet. « On nous demande toujours la même chose. Qu’est-ce qu’on en pense ? » La dernière réunion à ce sujet remonte à il y a quelques semaines. Mais Victor Cadousteau, qui doit son patronyme à un lointain ancêtre breton, ne saurait citer les acteurs impliqués.
Ce qu’il a retenu, c’est le conseil donné aux habitants de Rangiroa de planter des miki miki (pemphis acidula), des arbustes qui supportent bien la salinité. Mais ces visites éclairs — un aller-retour en avion — à propos de la montée des eaux viennent surtout rappeler aux habitants des Tuamotu ce que souvent ils savent déjà, à savoir que leur espace de vie est menacé d’inhabitabilité dans un futur de plus en plus tangible.
Avec 3 700 habitants, Rangiroa est l’atoll le plus peuplé des Tuamotu. En tout, 15 000 personnes vivent dans cet immense archipel composé de 76 atolls disséminés sur plus de 1 700 kilomètres dans l’océan Pacifique.
Un manque d’études précises
Les climatologues ne peuvent pas dire avec certitude quand ces lieux seront submergés. « On ne dispose pas de projection climatique suffisamment…
Auteur: Hélène Ferrarini

