Le retournement d’alliance dont les Ukrainiens ont fait les frais cette semaine est symptomatique du monde tel que le souhaitent de concert le président Donald Trump et le président russe Vladimir Poutine. Un monde où les rapports de force prévalent au détriment du droit international, où les logiques transactionnelles redéfinissent en permanence les rapports entre les États en lieu et place des traités et du multilatéralisme. Les relations internationales risquent dorénavant d’être animées par les seules logiques de puissance et l’impermanence.
Le multilatéralisme n’est plus
L’invasion illégale de l’Irak par les États-Unis en 2003 [et] l’annexion tout aussi illégale de la Crimée par la Russie en 2014 (…) ont largement contribué à décrédibiliser les principes du droit international.
C’est l’ordre hérité de la Seconde Guerre mondiale fondé sur la coopération internationale, la sécurité collective, le droit et le libre-échange qui s’effondre sous nos yeux. Il n’était certes pas parfait, mais c’était l’horizon que portaient les démocraties occidentales, notamment européennes. Force est de constater que cette rupture est la résultante d’un mouvement de fond. Le multilatéralisme battait de l’aile depuis quelque temps déjà puisque l’ONU a été dans l’incapacité de régler la moindre crise majeure ces dernières décennies, et comble du paradoxe, les concepteurs et promoteurs de ce système en ont été aussi les pourfendeurs.
L’invasion illégale de l’Irak par les États-Unis en 2003 fait ainsi écho à l’annexion tout aussi illégale de la Crimée par la Russie en 2014, deux crises qui ont largement contribué à décrédibiliser les principes du droit international revendiqués par les politiques extérieures occidentales pour qui l’ONU représentait le seul cadre devant prévaloir en matière de règlement des conflits….
Auteur: William Leday

