Des scientifiques de quatorze pays se sont réunis à Océanopolis, à Brest (Finistère), dans le cadre des quatrièmes journées Refmar. Organisé par le Service hydrographique national (Shom), ce colloque international francophone restituait l’état des connaissances scientifiques sur l’évolution du niveau marin, du 17 au 19 octobre 2022.
Quelques responsables nationaux et de collectivités territoriales étaient présents. Ces échanges leur permettent de s’appuyer sur les connaissances scientifiques, mais aussi que la recherche prenne en compte leurs besoins, souligne Valérie Masson-Delmotte, co-présidente du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) et grand témoin de ces rencontres.
Une hausse qui s’accélère
En trois cents ans, le niveau de la mer a remonté de 30 à 35 cm, constate Nicolas Pouvreau, hydrographe au Shom, qui s’appuie sur les données récoltées par le marégraphe de Brest, complétées par des archives datant du XVIIIe siècle. Cette tendance s’accélère sur les cent soixante-dix dernières années, ce qui correspond au début de l’ère industrielle. Au niveau mondial, entre 2006 et 2018, ce sont 3,7 mm en moyenne que les eaux gagnent chaque année. Une mesure vérifiée sur les côtes brestoises, témoin historique et représentatif de ce phénomène à l’échelle planétaire, ajoute l’expert.
L’élévation du niveau de la mer à Brest sur les trois cents dernières années. | SHOM
Si la fonte des glaces continentales en est la première cause, le réchauffement du climat réchauffe également les océans, relève Valérie Masson-Delmotte. La dilatation de ces eaux plus chaudes remonte aussi leur niveau.De plus, Nicolas Pouvreau note que la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes, causée par le dérèglement climatique, accélère l’érosion des côtes ».
« Il faut arrêter de construire »
L’élévation du niveau marin a des conséquences très concrètes. Le nombre d’inondations côtières va augmenter. Dans 20 à 30 % des lieux où des mesures sont effectuées, les tempêtes records qui ne se produisaient qu’une fois par siècle arriveront tous les ans d’ici à 2050, insiste la paléoclimatologue. Sur certains littoraux, l’occupation humaine sera aussi compromise par l’érosion des côtes. Dans vingt-cinq ans, deux milliards de personnes seront concernées sur la planète.
Les mesures et les prévisions permettent aux politiques publiques de fixer des normes de construction, à dimensionner…
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Auteur: Claude Morizur

