Face à la pandémie, le camp des luttes doit sortir du déni

Écouter une version audio du texte (merci à Karacole).

Initialement publié sur le site de Jef Klak

Des centaines de personnes meurent chaque jour du Covid-19 depuis le début de l’année. Chaque jour. Des centaines de personnes sont admises chaque jour en soins critiques. Chaque jour. Des centaines de milliers de personnes se font infecter. Dont une part importante sera touchée par des formes persistantes de la maladie. Ces chiffres ne sont pas des chiffres. Ce sont des vies. Nous le savions encore lors de la première vague. Nous le ressentions. Mais les vagues se sont succédé. Et nous avons oublié. Le gouvernement brandit les chiffres. Et allège le protocole. Nous sommes désormais au cœur de la vague. Encore.

De nombreux·ses scientifiques nous avaient averti·es : étant donnée la contagiosité de ce nouveau variant, quelle que soit sa virulence, cette vague serait un tsunami. Elle trouve en face d’elle un système sanitaire qui s’écroule, c’est-à-dire des soignant·es, des hommes et des femmes épuisées, évidées par la dévastation managériale, par deux ans de pandémie, et par son déni. Déni de l’enfer de leurs conditions de travail, déni de la gravité de l’épidémie et de celle de cette maladie qu’est le Covid-19. Et ce déni n’est pas, en France, le seul apanage d’un gouvernement qui mène une politique de darwinisme social assumée, ni de sa fausse opposition fascisante qui réclame à corps et à cris que ce programme crypto-eugéniste soit libéré de toute entrave. Ce déni est également partagé par une bonne part du camp des luttes, qui depuis deux ans accepte que dans le « monde d’après » 300 personnes parmi les plus précarisées de la population meurent chaque jour pendant des mois, d’une maladie dont les moyens de prévention sont désormais connus.

Ce déni du camp des luttes a d’importantes conséquences politiques et constitue sûrement la principale source de notre sidération et de notre impuissance. Car ce déni de la réalité de l’épidémie nous rend inaptes. D’une part à comprendre comment celle-ci structure profondément la fascisation exponentielle qui l’accompagne. Et d’autre part à attaquer avec nos camarades zapatistes la gestion criminelle et irresponsable des gouvernements en proposant nos propres programmes d’autodéfense sanitaire inspirés de l’histoire des luttes – notamment celle du Sida – et des mesures autonomes de santé communautaires mises en place partout à travers le monde par des communautés populaires et des réseaux de lutte qui…

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Auteur: IAATA

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