Pyrénées-Orientales, reportage
« Ce que vous vivez, c’est ce qui nous attend. » Le ministre de la Transition écologique Christophe Béchu était en déplacement à Perpignan, le 22 mai. Dans les Pyrénées-Orientales, la situation est rude. Après deux années de sécheresse consécutives, les nappes ne se sont pas rechargées, les cours d’eau sont secs, les forêts roussies au sortir de l’hiver et douze communes sont déjà privées d’eau potable, de manière totale ou partielle.
Le gouvernement entend donc répondre à la crise, et « faire du territoire des Pyrénées-Orientales un démonstrateur des solutions et des processus d’adaptation », a précisé le ministre. Autrement dit : pour avoir une idée de la manière dont la France va réagir aux tensions sur l’eau dans les années à venir, il faut s’intéresser à ce qui se passe dans les Pyrénées-Orientales.
Si le ministre a mentionné « la mobilisation des acteurs du territoire » pour faire des économies d’eau, l’essentiel des annonces a porté sur des financements d’infrastructures, à hauteur « au minimum » de 10 millions d’euros, financés au moins pour moitié par l’État par l’intermédiaire de l’Agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse. L’État s’apprête aussi à investir par le biais du ministère de l’Agriculture, la Caisse des dépôts prévoyant de mettre en place des « aquaprêts » permettant d’emprunter sur soixante ans pour des projets liés à la gestion de l’eau.
Nouveau mégaprojet
Si le ministre a commencé par parler chiffres, c’est que les projets retenus sont globalement coûteux. D’abord, trois installations pour faire de la réutilisation des eaux usées (Reut) à Argelès-sur-Mer, Saint-Cyprien et Canet-en-Roussillon : « C’est pas la solution miracle, sauf que quand on est au bord de la mer, on n’a aucun intérêt à rejeter [l’eau] dans la mer. » Les quatre autres mesures portent sur…
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Auteur: Nicolas Celnik

