Face à la tragédie de Gaza, beaucoup s’interrogent : l’Église peut-elle encore parler ? Chaque mot semble soupçonné d’être partisan, chaque silence jugé complice. Pourtant, une parole chrétienne n’est pas un luxe : elle est une nécessité morale. Elle rappelle que la dignité humaine est indivisible, que la souffrance ne se hiérarchise pas, et que la paix ne naît jamais de la vengeance.
Cette parole, pour être crédible, doit s’enraciner dans une éthique de la relation. Elle ne se construit ni sur la peur ni sur la défense d’intérêts communautaires. Elle se fonde sur l’Évangile, qui nous apprend à reconnaître dans chaque visage, ami ou ennemi, un frère à aimer. « Tenir les souffrances des deux mains, celle d’Israël et celle de la Palestine », nous confiait récemment une sœur habitant à Jérusalem. C’est refuser le confort des jugements univoques, c’est accueillir la complexité comme lieu de vérité.
Dénoncer, agir, témoigner
Parler en chrétien de Gaza, c’est dénoncer les violences sans distinction : le terrorisme meurtrier du 7 octobre 2023, les représailles disproportionnées, les destructions massives qui broient des vies innocentes. C’est rappeler que la sécurité ne se bâtit pas sur la domination, et que le respect du droit international humanitaire est une exigence éthique avant d’être une règle juridique. Là où la loi du plus fort remplace la justice, la paix devient impossible. La guerre, disait le pape François, « est toujours une défaite ».
Mais une parole chrétienne ne se limite pas à l’analyse. Elle agit. Elle s’engage pour le secours humanitaire, pour la protection des civils, pour la reconstruction du tissu social. Elle cherche à créer des espaces de paix et de sérénité où les communautés peuvent se rencontrer sans crainte. Ces rencontres ne doivent pas rester l’affaire des élites, mais devenir la vie quotidienne des…
Auteur:
