Dimanche 6 septembre, le parti d’extrême droite allemand AfD a attiré 43,8 % des voix lors d’élections régionales en Saxe-Anhalt, dans l’Est du pays. C’est sans conteste une victoire décisive pour la formation politique née en 2013, initialement sur une ligne conservatrice et eurosceptique, puis devenue clairement xénophobe, anti-migrants, anti-LGBT+, et pro-russe.
Lundi 7 septembre, le pays s’est réveillé sous le choc. Pour la première fois depuis la fin du régime nazi en 1945, un parti d’extrême droite pourrait se retrouver à gouverner, ici au niveau d’un Land. Au sein de l’État fédéral qu’est l’Allemagne, ces Lands, ou États-régions, ont des compétences larges, notamment en matière de police, d’éducation, ou d’enseignement supérieur.
Face à l’AfD, qui ici a plus que doublé son score depuis le dernier scrutin régional, la droite traditionnelle de la CDU s’est effondrée, avec seulement 17,2% des voix. Les sociaux-démocrates, les Verts et le parti de gauche Die Linke ont obtenu chacun autour de 9 % des voix. Une nouvelle formation fait aussi son entrée au parlement régional, avec un peu plus de 5 % : la BSW, pour « Alliance Sahra Wagenknecht », du nom d’une ancienne figure du parti de gauche Die Linke, qui a créé sa propre organisation politique en 2023 sur une ligne sociale, mais aussi anti-immigration et pro-russe.
Pas de majorité absolue pour l’extrême droite
La BSW pourrait décider de l’accès ou non de l’extrême droite au pouvoir en Saxe-Anhalt. L’AfD a obtenu 39 sièges au parlement du Land. Il lui en manque trois pour disposer de la majorité absolue de 42 voix – requise lors des deux premiers tours de scrutin pour l’élection du ministre-président, l’équivalent d’un gouverneur. Au troisième tour, une majorité simple suffit. Les autres partis – CDU, sociaux-démocrates, les Verts et Die Linke – peuvent donc, ensemble, s’opposer à l’AfD. Restent les cinq…
Auteur: Rachel Knaebel
