« Face à l'actualité dramatique, nos jardins peuvent nous aider à tenir »

Notre journaliste Marie Astier a un grand potager, chez elle, dans les Cévennes. Dans cette chronique mensuelle, elle livre astuces et réflexions, parce que jardiner… c’est politique.


Cet automne, cet hiver, ne seront pas comme les autres. Vous aussi, vous avez cette sensation ? L’épreuve qu’a été notre été infernal va durer, car nous redoutons déjà le prochain. Nous anticipons, échafaudons des plans pour amoindrir les effets des UV et des températures caniculaires. Cet hiver, nous ne nous contenterons pas de planter des arbres, faire du bois, tailler. Avec fébrilité, nous préparerons l’été prochain, tout en tentant de reprendre des forces.

Après avoir passé l’été à se lever tôt, à inspecter matin et soir les courges pour étancher les grosses soifs, à tenter de déterminer si c’était le soleil ou une maladie qui faisait jaunir les feuilles de tomate et brunir les aubergines, à traîner le tuyau d’arrosage en tous sens, à pailler avec tout ce que l’on trouvait et à optimiser le désherbage (limiter la concurrence, mais laisser les hautes herbes pousser pour faire de l’ombre et favoriser une sorte de microclimat humide), j’ai l’impression que l’on peut relâcher la pression.

Les choux ont cramé, les poireaux sont maigres

Les orages ont enfin éclaté, il est à nouveau possible de passer une tête dehors avant 18 heures et, entre jardiniers, on fait le bilan. Chez nous, les choux ont cramé, ainsi que les fraises. Les poireaux sont bien maigres. Les courgettes ont difficilement fleuri, mais raisonnablement quand même, le choix des variétés — notamment la grise d’Alger, recommandée par des lecteurs de cette chronique — a été déterminant.

Côté tomates, je sors d’une période où la plupart avaient vu leur taille divisée par deux. Mais on a déjà réussi à faire du coulis, il n’y a pas de catastrophe. J’ai précieusement récolté les graines de celles qui ont le mieux…

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Auteur: Marie Astier