Les jardins ouvriers et familiaux de la commune d’Ille-sur-Têt (Pyrénées-Orientales) vont-ils survivre à la mairie d’extrême droite ? Ce 27 août 2026, ils sont près de 150 à s’être rassemblés devant la « Catalane », la salle polyvalente de la petite commune de 5500 habitants, pour exiger la réouverture de ces jardins. « On défend la possibilité pour les habitants qui n’ont pas forcément de gros revenus ou de terrains de continuer à produire leur propre nourriture localement », explique Romain, militant au sein du collectif Jeunesses populaires du Conflent, actif dans ce territoire dominé par le mont Canigou.
Jusqu’à cet été, dix-neuf parcelles de 200 à 300 mètres carrés chacune étaient mises à disposition par la commune pour servir de potagers et être cultivées par plusieurs familles. Mais le 5 juillet, un mégafeu né dans une commune plus au nord parcourt 4000 hectares et embrase la quasi-totalité des jardins. « Cela a été un choc, je cultive mon potager depuis treize ans, avec mes parents », déplore Hayat, 49 ans. Cette mère seule s’occupe à plein temps de ses quatre enfants, dont deux sont handicapés. « Ce jardin, ça n’est pas seulement des souvenirs de famille, c’est un vrai revenu. J’y fais pousser presque tous mes légumes. Je n’ai pas la place pour faire ça chez moi », explique-t-elle.
« Ceinture de protection » contre les incendies
Alors que les jardiniers espèrent retourner dans leurs potagers, le nouveau maire, Alain Fabresse (UDR, le parti d’Éric Ciotti, allié au RN), élu quelques mois plus tôt, estime, dans un communiqué du 28 juillet, que les jardins « ont contribué à favoriser la propagation du feu en direction des premières habitations ». Il annonce son projet de les raser pour instaurer une « zone tampon » entre les espaces naturels et les habitations. Dans la foulée, il interdit par arrêté l’accès aux jardins, invoquant « des risques de…
Auteur: Guillaume Bernard
