Paris, reportage
Elle a tenu parole et n’a rien lâché. La Franco-Vietnamienne Tran To Nga avait rendez-vous devant la Cour de cassation de Paris, mardi 16 juin, pour faire face à treize multinationales productrices de l’agent orange utilisé par l’armée étasunienne durant la guerre du Vietnam, dont les plus connues sont Bayer-Monsanto et Dow Chemical. La militante de 84 ans a été exposée à ce produit, un défoliant utilisé par l’armée américaine pour empêcher les combattants vietnamiens de trouver refuge dans la forêt.
Comme elle, entre 2,1 et 4,8 millions de personnes ont été directement empoisonnées par les 80 millions de litres déversés, provoquant notamment cancers et malformations chez les personnes touchées et leurs descendants. Plus de cinquante ans après les faits, 3 millions de personnes sont encore concernées, selon l’Association vietnamienne des victimes de l’agent orange/dioxine (Vava).
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Le tribunal d’Evry (Essonne), en 2021, puis la cour d’appel de Paris, en 2024, ont rejeté les précédentes demandes de la plaignante, en se basant sur le principe de l’immunité de juridiction, qui prévoit qu’un État souverain ne peut pas juger un autre État souverain. Ces instances ont estimé que les entreprises obéissaient aux commandes du gouvernement étasunien et ne pouvaient donc pas être tenues responsables.
« Le droit fondamental de pouvoir accéder à un juge »
« C’était une audience importante, pour la Cour de cassation, pour la France et pour beaucoup de pays dans le monde, a clamé Paul Mathonnet, l’avocat spécialiste de la cassation qui défend Tran To Nga, à la sortie de l’audience. Ce qui est en jeu, c’est le droit fondamental de pouvoir accéder à un juge. » Durant l’audience, les avocats se sont contenté de confronter leurs différentes interprétations…
Auteur: NnoMan Cadoret, Rémi-Kenzo Pagès

