Un poisson opportuniste qui s’auto-régule
On dénombre des dizaines, voire des centaines d’espèces de silures à travers le monde. Celle qui est présente dans nos cours d’eau français est le silure glane. Ce très grand poisson peut atteindre 2 mètres de longueur et dépasser les 100 kg.
« Ce sont de très grands prédateurs opportunistes. Au sommet de la chaîne alimentaire, ils peuvent s’attaquer à des canards, des ragondins ou de gros poissons pouvant atteindre 1 mètre. Mais ils peuvent aussi se nourrir de vers, d’écrevisses, de corbicules (petits coquillages), d’animaux morts, etc. », explique le naturaliste et biophysicien Bill François pour La Relève et La Peste.
Surtout, le silure se régule de lui-même. Cannibale, les gros silures n’hésitent pas à manger leurs plus jeunes congénères. Si l’on tue massivement les grands spécimens, les petits vont proliférer. Des observations de terrain, comme en témoigne le président de la fédération départementale de pêche Christian Heintz pour France3Régions :
« Chez nous, dans la Loire, il y a même moins de silures qu’il y a 15-20 ans. Le principal prédateur du silure, c’est le gros silure… Il est en train de s’auto-réguler. »
Bill François montre l’intérieur de la bouche d’un silure
Remonter le cours… de l’histoire
L’histoire du silure est similaire à celle de nombreux autres poissons de nos rivières dont le peuplement est intimement lié aux glaciations, dont les dernières recouvraient très largement la France.
« Avant le dernier âge glaciaire, il y avait des silures dans un grand nombre de nos bassins versants, en particulier le Rhône et la plupart des fleuves de l’Est de la France. Quand les glaciers sont arrivés, les silures ont disparu de ces régions et se sont réfugiés dans le delta du Danube, un refuge glaciaire », raconte Bill François, co-auteur de notre livre-journal EAU.
Quand les glaciers se sont retirés, de…
Auteur: Liza Tourman

