Le classement mondial de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières (RSF) depuis un quart de siècle, est loin d’être un palmarès, c’est un état des lieux qui invite au changement. La France ? Peut mieux faire. Le pays occupe la vingt-cinquième place, exactement la même position qu’en 2025. Si cette position s’avère bien évidemment enviable au regard de la dégradation générale constatée au niveau mondial, le score global depuis plusieurs années est un surplace qui trahit une incapacité structurelle à consolider et réformer.
L’analyse des différents indicateurs ajoute des détails au tableau. Les agressions physiques contre les journalistes en couverture de manifestations sont légion : reporters bousculés, empêchés de filmer par des forces de l’ordre et des manifestants dont les comportements demeurent trop largement impunis. En 2025, l’indicateur sécuritaire de la France a chuté de dix-sept places. N’oublions pas les violences physiques extrêmes en Nouvelle-Calédonie qui ont plombé l’indicateur sécuritaire de la France.
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L’indicateur social continue de reculer. Année après année, malgré des sondages montrant l’attachement du public au journalisme, la défiance à son égard se creuse. « Il faut se méfier de ce que disent les médias sur les grands sujets d’actualité », déclarent 61 % des Français. Le cadre légal, lui, reste manifestement inadapté. Les procédures-bâillons se multiplient sans que le législateur n’intervienne.Un décret pris d’urgence vient améliorer le cadre légal mais offre un service minimum. Quant au secret des affaires et au secret défense, ils continuent d’être invoqués pour…
Auteur: Thibaut Bruttin

