Face à l'extrême droite, réenchanter le monde

Amies, amis, ne nous laissons pas submerger par la tristesse, par la peur, par le fatalisme. Face aux nuages obscurs qui envahissent l’horizon, il nous faut regarder le coin de ciel dégagé où perce le soleil, emplir nos cœurs d’énergie et nos âmes de joie, affirmer haut et fort que l’avenir n’est pas de la catastrophe, de la guerre, de la haine, mais qu’il se tisse et grandit par les liens, par des attachements, par la bienveillance, par l’attention aux autres et au monde.

Et ensuite, il faut être lucide : ce qui se joue en ce moment est une clarification. Le problème politique se résume au fait que les milliardaires ont peur qu’on leur prenne 2 % de leur fortune pour servir le bien commun. Devant la montée du désastre écologique, devant la montée des révoltes, devant l’exigence de la justice, les dominants ont fait leur choix : ouvrir la porte à l’extrême droite pour sauver le projet technocapitaliste. Sceller l’alliance nauséeuse où la chasse aux immigrés se conjuguera à la répression policière de tous les militants et à la poursuite sans frein de la numérisation au mépris des enjeux écologiques. De Narendra Modi en Inde à Javier Milei en Argentine et Donald Trump aux États-Unis, le schéma est maintenant bien connu et ne se cache plus derrière le moindre oripeau. En France, les Bolloré, Arnault, Pinault, Dassault lâchent à la bride à leurs valets médiatiques pour harasser le Front populaire — cette salvatrice alliance de la gauche et des écologistes — et faire accepter un gouvernement du Rassemblement national.

Le seul avantage de la situation est sa clarté étincelante : d’un côté, le parti de la peur, du renfermement, de la sujétion, de l’abandon aux forces de la technique, de l’autre, le parti de l’écologie, du soin au monde et aux humains, de l’émancipation, de la justice. Les choses n’ont jamais été si claires depuis, non pas 1936, mais 1940, quand le pays et les…

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Auteur: Hervé Kempf