Face à l’impérialisme numérique : la voie étroite d’un cyber-écosocialisme   

Faut-il se passer du numérique pour sauver la planète ?, de Cédric Durand, est un ouvrage qui synthétise 3 conférences de l’économiste à l’Institut La Boétie et dans lequel il revient sur les thèses développées dans ses deux livres précédents : Technoféodalisme et Comment bifurquer (co-écrit avec Razmig Keucheyan). Il les articule dans un format concis et pédagogique qui permet de saisir les éléments clés de sa pensée. Une pensée qui structure les débats d’économie politique en France et à l’international depuis plusieurs années maintenant[1]. L’économiste Lucas Benyattou en propose une lecture approfondie.

Ce livre se veut être une proposition stratégique de troisième voie, entre deux écueils. D’une part, un techno-optimisme béat qui n’arrive pas à penser l’aliénation technologique et la destruction environnementale créées par les technologies de l’information et de la communication (TIC). D’autre part, un techno-pessimisme rigide incapable d’imaginer leur potentiel émancipateur. 

J’ai fait le choix de ne pas discuter des différents éléments théoriques déjà abordés dans les deux livres précédents de l’économiste étant donné que ces derniers ont déjà fait l’objet d’excellentes recensions[2]. Je propose ici une réflexion sur les deux éléments nouveaux évoqués par Durand dans le livre : l’analyse du bouleversement induit par le second mandat de Donald Trump, et la proposition politique et stratégique de mise en place d’une souveraineté numérique.

Technoféodalisme : entre rente et coordination 

Le concept de technoféodalisme que développe Cédric Durand naît des cendres de ce qu’il nomme le Consensus de la Silicon Valley. Cette idéologie californienne, qui voit le jour dans les années 1970, est un « imaginaire positif et souriant de régénération du capitalismequi naîtrait purgé de ses tares grâce à la technologie »…

La suite est à lire sur: www.contretemps.eu
Auteur: redaction

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