« La menace que représente Daech demeure volatile et complexe », prévient Vladimir Voronkov, Secrétaire général adjoint de l’ONU à la lutte contre le terrorisme, lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur les activités du groupe. Derrière les formules diplomatiques affleure une réalité brutale : l’Afrique est désormais l’épicentre des violences jihadistes, avec une intensité sans précédent dans le Sahel et en Afrique de l’Ouest.
Au Mozambique, au Nigéria, au Mali, le groupe tisse ses réseaux logistiques, finance ses opérations depuis la Libye, et attire des combattants étrangers.
La ligne de front africaine
L’exemple somalien illustre cette expansion : Daech y a lancé une offensive d’envergure au Puntland, mobilisant des combattants venus d’ailleurs. Selon Natalia Gherman, à la tête du Comité contre le terrorisme – l’organe chargé de veiller à l’application des mesures antiterroristes du Conseil – l’organisation exploite les technologies numériques pour lever des fonds à travers le pays.
La riposte militaire somalienne a certes coûté la vie à 200 combattants terroristes du groupe, mais Daech conserve des relais régionaux. Et le cycle continue : pertes de territoire, adaptations, retour.
« Le continent concentre plus de la moitié des victimes d’attentats dans le monde », rappelle Mme Gherman. Ses équipes, envoyées du Cameroun à la Norvège, constatent partout la même chose : Daech profite des fragilités, recrute dans les zones grises, collecte des fonds à travers des plaques tournantes régionales et des réseaux transfrontaliers.
Dans le bassin du lac Tchad, l’organisation s’appuie sur des drones et des explosifs improvisés venus de l’étranger. Ailleurs, ses cellules se financent en « micro-dosant » la criminalité : petits délits, contrebande, détournements.
Même en Iraq, où son chef adjoint a été tué en mars, « le groupe pourrait compenser cette perte en moins de six mois…
Auteur: Nations Unies FR

