Mardi 2 décembre, la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet est l’invitée de 8h20 sur France Inter, pour la première fois depuis la rentrée. L’occasion d’entendre les revendications des travailleurs ? Ou, pour les deux intervieweurs, de se faire les porte-voix du grand patronat.
Une fois n’est pas coutume, commençons par la fin de l’entretien. La journaliste Florence Paracuellos, remplaçante temporaire de Nicolas Demorand, lance Sophie Binet sur sa mise en examen pour « injure publique », à la suite d’une plainte déposée par un syndicat patronal :
Florence Paracuellos : Un mot sur les grands groupes, et un grand groupe en particulier, Sophie Binet, c’est LVMH, puisque vous voulez revenir ce matin sur votre mise en examen à la suite de propos que vous avez tenus sur Bernard Arnault et d’autres grands patrons. En janvier dernier, ils ont protesté, ces patrons, contre une surtaxe de l’impôt sur les sociétés qui « pousse à la délocalisation », c’est justement ce que disait Bernard Arnault, et vous avez réagi en disant la chose suivante : « les rats quittent le navire » [Elle insiste sur le mot « rat », NDLR]. C’est cette phrase qui vous vaut d’être poursuivie en justice aujourd’hui par le mouvement patronal ETHIC.
Florence Paracuellos avait à ce stade plusieurs possibilités devant elle : rappeler aux auditeurs que la mise en examen est automatique dans ce type de procédure ; resituer le lobby patronal en question, dirigé par l’ex-Grande gueule Sophie de Menthon, « entremetteuse entre l’extrême droite […] et les milieux d’affaires » ; ou encore s’étonner que l’on puisse être poursuivie pour avoir employé une expression aussi banale de la langue française. Voire – mais il était peut-être optimiste de l’espérer – dénoncer ce qui s’apparente assez manifestement à une procédure-bâillon. La matinalière ne va choisir aucune de ces options : « Est-ce que…
Auteur: Jérémie Younes

