Le cancer et ses traitements ne se contentent pas de modifier les corps, ils affectent aussi profondément l’image corporelle, ce qui a des répercussions sur la vie intime des malades et sur leur relation de couple. Pour y faire face, certaines stratégies sont plus efficaces que d’autres. Elles gagneraient à être mises en œuvre par le système de soins.
En France, malgré les avancées des plans nationaux cancer, la santé sexuelle des patients demeure le parent pauvre du parcours de soin. Pourtant, l’enjeu est de taille. La sexualité n’est pas un luxe ou une option ; c’est un pilier de la qualité de vie et de l’équilibre psychique.
Au-delà de la toxicité des traitements contre le cancer, une charge émotionnelle écrasante réduit l’intérêt pour l’intimité et la capacité au plaisir.
La dysfonction sexuelle devient alors une épreuve partagée au sein du couple, où la détresse de l’un résonne avec l’anxiété de l’autre. Pourtant, un fossé persiste : malgré l’importance d’un soin holistique, le silence reste la norme.
Peu de patients osent aborder ces sujets avec les soignants, révélant une défaillance majeure de notre système de santé qui peine encore à intégrer ces dimensions intimes pour offrir un soin réellement centré sur l’humain et ses émotions.
Pour comprendre cette fracture entre besoins des patients et offre de soins dans le domaine de la sexualité, nous avons mené une recherche approfondie ancrée dans la Transformative Service Research afin d’analyser comment l’image de son propre corps et les mécanismes de défense mobilisés influencent la satisfaction sexuelle des patients.
Le poids de l’image de son corps
« Depuis la chimio, je ne me reconnais plus dans le miroir. Mon corps me dégoûte. Comment voulez-vous que j’aie envie d’intimité ? »
Cette confidence, recueillie auprès d’une patiente lors de nos travaux, n’est pas un cri isolé. Elle illustre une…
Auteur: Judith Partouche-Sebban, Professeur – Titulaire de la chaire Living Health, membre du département Technology Interaction, strategic Marketing & Customer Experience, PSB Paris School of Business

