À Gaza, où l’accès des journalistes est strictement interdit – ou où ces derniers sont la cible de l’armée israélienne –, ce sont les habitant·es qui documentent les événements. Photos et vidéos deviennent alors les principales sources d’information. Ces images alimentent également les enquêtes judiciaires mais jusqu’où ces images peuvent-elles constituer des preuves et jouer un rôle dans la recherche de la justice ?
Pour répondre à ces interrogations, nous avons sollicité Benjamin Fiorini, maître de conférences en droit pénal à l’Université Paris 8 où il dirige l’Institut d’études judiciaires, et Secrétaire général de l’association Jurdi*, ainsi que celle de Maître Julien Martin, avocat au barreau de Strasbourg en droit international et européen des droits de l’homme et expert auprès du Conseil de l’Europe.
Juristes pour le respect du droit international, association dont le but est de promouvoir et de contribuer au respect du droit international dans le cadre de la question israélo-palestinienne.
L’association JURDI a d’ailleurs engagé des procédures contre la France et contre l’Union européenne pour non-respect de la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide.
On observe que ce sont parfois les habitant·es de Gaza eux-mêmes qui produisent et diffusent des images. Comment expliquez-vous cette démarche ?
Julien Martin : Depuis le début des opérations militaires menées par l’armée israélienne, les journalistes internationaux n’ont pas accès à la bande de Gaza et ne peuvent donc pas documenter la situation sur le terrain. Les journalistes palestiniens, dont ceux de la chaîne Al Jazeera ont été et sont systématiquement ciblés par Tsahal. 220…
Auteur: Kamélia Ouaïssa

