Face au ravage des barrages, la mobilisation des femmes brésiliennes

Brasilia (Brésil), reportage

Barrages miniers, hydroélectriques, nouvelles voies navigables… Les grands projets énergétiques et infrastructurels, menés par des multinationales et soutenus par l’État, ravagent des territoires et la vie de leurs habitants, dénoncent les militantes du Mouvement national des personnes affectées par les barrages (MAB).

Réunies à Brasilia, plus d’un millier d’entre elles ont partagé leurs luttes et dénoncé, lors d’une marche le 5 juin, les nombreux projets qui menacent, polluent et déforestent leurs territoires. Certaines ont vu leurs villes ensevelies sous une coulée de boue toxique, lors des ruptures des barrages miniers de Mariana (2015) et Brumadinho (2019). D’autres luttent contre les barrages hydroélectriques qui détruisent leur mode de vie. Trois d’entre elles témoignent pour Reporterre.

Varner Santana Moura : « Nous attendons toujours justice et réparation »

Varner se trouvait à plusieurs centaines de kilomètres de Mariana, dans l’État du Minas Gerais, ce jour de novembre 2015 où le barrage minier de Samarco s’est effondré. La faillite de l’édifice exploité par les entreprises Vale et BHP Billiton a fait 19 morts.

Elle n’était pas assez loin toutefois pour être épargnée par les dizaines de millions de tonnes de résidus toxiques portés par le rio Doce sur plus de 600 km, jusque dans son jardin, à Marilândia, dans l’État de l’Espirito Santo. « C’est une image que je n’oublierai jamais », confie la militante et pasteure de 56 ans.

« Nous avons ressenti l’immense douleur du fleuve en voyant cette avalanche de boue, ces milliers de poissons morts, ces animaux emportés par le torrent », raconte-t-elle. Sa communauté autochtone ribeirinha, qui vit de l’agriculture familiale et de la pêche, porte encore les traces de la tragédie.

« Nous plantons, mais rien ne pousse, nos terres ont été contaminées. Nous ne pêchons plus de…

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Auteur: Aglaé Watrin

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