Génocide à Gaza, invasion de l’Ukraine, assaut sur le Venezuela, offensive sur l’Iran… Dans un contexte de multiplication des guerres impérialistes, dont on peut observer les ravages écologiques, l’écologie politique est à la croisée des chemins idéologiques et stratégiques. Une rupture s’opère. D’un côté, le parti Les Écologistes défend le réarmement, jugé compatible avec la transition énergétique dans un objectif de « sécurité » de l’Union européenne. De l’autre, les actions menées par la coalition Guerre à la guerre, joignant les forces des organisations décoloniales et anti-impérialistes avec celles des écologistes des Soulèvements de la Terre, et affichant la volonté de « désarmer le militarisme ».
Le premier de ces courants s’inscrit dans une écologie institutionnelle dite « réaliste », plaçant la transition énergétique dans la matrice de la puissance de l’État sur la scène internationale. Le second est issu d’une écologie militante « révolutionnaire », qui rejette tout autant l’impérialisme fossile que celui mené au nom de la transition, et suppose de s’extraire des modes de production capitalistes.
L’opposition entre ces deux courants s’incarne notamment avec la parution de deux livres récents, traduisant des interprétations de la situation géopolitique et des prescriptions à l’écologie politique bien différentes. L’un intitulé Vers l’écologie de guerre (éd. La Découverte, août 2024) du philosophe et professeur à Sciences Po Pierre Charbonnier, et l’autre, Contre l’écologie de guerre (éd. La Dispute, février 2026) de Vincent Rissier, militant à Révolution permanente et au sein de la coalition Guerre à la guerre.
L’écologie de guerre, un concept à l’adresse de l’écologie institutionnelle
Selon la définition de Pierre Charbonnier, chargé de recherche au CNRS, l’écologie de guerre désigne « le moment où…
Auteur: Léa Guedj

