Ce n’est plus une ombre nuageuse, c’est une éclipse totale. Le 29 septembre, les travailleurs du secteur des énergies renouvelables tiraient une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur la situation de leur filière. À Paris, ils étaient près de 150 devant les portes du colloque du Syndicat des énergies renouvelables (SER) pour attirer l’attention sur la vingtaine de plans sociaux déjà annoncés cette année.
Ainsi, le groupe allemand RWE, qui avait déjà supprimé une quarantaine de postes en France en 2025, envisage de se séparer de plus de la moitié des 208 postes restants. Et ce n’est pas le seul : 73 postes chez Valorem, pionnier des renouvelables en France, une cinquantaine de postes sur 400 à Urbasolar tandis que Voltalia, filiale du groupe Mulliez (Auchan) va rogner 20 % de ses effectifs.
Et les plans sociaux ne sont que la partie visible de la casse sociale en cours. Car dans toutes les entreprises du secteur de l’éolien terrestre ou du solaire, on évoque des départs volontaires, des non-remplacements. La conséquence d’une réduction délibérée de toutes les aides publiques aux renouvelables, y compris au prix de l’emploi. Et si le secteur du solaire en est la première victime, toutes les branches sont concernées : éolien terrestre, biogaz, bois-énergie.
« C’est une aberration de détruire de l’emploi dans une filière dont on sait qu’elle a un avenir »
Pour Anne Debregeas, porte-parole de la fédération Sud-Énergie, c’est une « aberration de détruire de l’emploi dans une filière dont on sait qu’elle a un avenir ». Elle est venue le 29 septembre pour « visibiliser un plan social à l’échelle d’un secteur ». À ses côtés, Fabrice Coudour, secrétaire général de la puissante fédération de l’énergie de la CGT (FNME–CGT) assure « se tenir aux côtés des salariés touchés dans cette lutte ». Pour lui, « le coût de la transition énergétique ne doit…
Auteur: Elsa Souchay
