Au printemps dernier, quand un gel « historique » s’est abattu sur son vignoble, Pierre Michelland a perdu 100% de sa récolte. Neuf mois plus tard, avec ses copains de l’association Rouge Provence, il met la dernière main à leur cuvée « solidaire », qui permettra d’aider d’autres vignerons victimes d’aléas climatiques.
Deux ans après le coup de grêle qui a dévasté ses vignes en 2023, Myrko Tépus est là aussi. Tout sourire, comme la trentaine de vignerons venus de toute la Provence viticole qui, chaque fin septembre, mettent en commun leurs raisins – 100 kg chacun – pour vinifier leur « Plaisir solidaire », un assemblage de cépages, climats et terroirs différents, allant des Alpilles jusqu’à Nice.
Aujourd’hui, c’est l’« habillage » du millésime 2023: étiquetage des 1.737 magnums, cirage des cols, mise en cartons.
Dans le grand hangar du domaine des Béates à Lambesc (Bouches-du-Rhône), le travail en musique a commencé dès 08H30. Sur l’étiqueteuse ou devant les cireuses, ça rigole, certains esquissent des pas de danse et chacun y va de son commentaire sur les 33 visages de vignerons dessinés sur l’étiquette.
Installé depuis 22 ans sur le domaine de La Réaltière à Rians, dans le Haut-Var, Pierre Michelland n’a rien oublié des quatre jours d’avril où la température est descendue jusqu’à -5,5°C.
« Les bourgeons étaient sortis en avance car on avait eu un hiver exceptionnellement doux et un coup de chaud en mars. Et fin avril, on a eu ce gel violent comme la région n’en avait pas vu depuis plus de 30 ans: tout le vignoble a été détruit… Rouge-Provence s’est mise en branle: j’ai pu récolter des cépages choisis chez certains vignerons de l’association et…
Auteur: AFP

