Face au « silence et à l’inaction » du gouvernement, qui n’a jamais répondu à leur interpellation lancée le 8 avril, ces « sinistrés climatiques » ont choisi de passer par la justice. Le 25 juin, quatorze personnes et associations épaulées par l’Affaire du siècle (Greenpeace France, Notre Affaire à Tous, Oxfam France) vont déposer un recours devant le Conseil d’État.
Le but de cette action inédite dans l’Union européenne, comme indiqué dans un communiqué : « Obliger l’État à renforcer ses politiques d’adaptation au changement climatique. » Les requérants, qui « subissent au quotidien les conséquences d’un État qui ne les protège pas suffisamment » — canicules, inondations, manque d’accès à l’eau… — exigent une révision du troisième plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) dévoilé le 10 mars dernier.
« Le contenu de ce plan est largement insuffisant : il ne protège pas efficacement, ni de façon juste, les populations exposées aux risques climatiques et ne garantit pas un financement à la hauteur des enjeux », écrit l’Affaire du siècle.
Alors qu’une vague de chaleur touche le pays depuis le 19 juin et qu’un « été caniculaire » est prévu par Météo-France, Reporterre donne la parole à trois de ces « citoyennes sinistrés » déjà confrontés à ce risque climatique.
⋅ Jean-Raoul Plaussu-Monteil
C’est sa femme, enseignante en primaire, qui répond au téléphone depuis leur logement de Villard-Bonnot (Isère) : « Mon mari vient de faire une crise d’épilepsie, rappelez dans 15 minutes s’il vous plaît. » Jean-Raoul Plaussu-Monteil, 46 ans, vit avec cette maladie chronique depuis 1991. Problème : les vagues de chaleur, comme celle touchant actuellement la France, renforcent le risque de faire une crise.
« Par exemple, aujourd’hui, on est montés à 36 °C, raconte-t-il. On joue donc sur les horaires…
Auteur: Amélie Quentel

