Talavera de la Reina (Espagne), reportage
« Tant que le projet est en cours de négociation et que la construction n’a pas démarré, il est temps de l’arrêter ! » dit Aurora Gómez, fondatrice de l’association Tu Nube Seca Mi Río (« Ton nuage assèche ma rivière »). Debout, au milieu de l’immense terrain vague qui doit accueillir la future infrastructure, la militante aimerait mobiliser davantage : « J’essaye d’être un porte-voix pour créer un débat public autour de ça. »
« Ça » : le Meta Data Center Campus de 191 hectares censé voir le jour dans la zone industrielle de Torrehierro, en périphérie de la ville de Talavera de la Reina. Situé à quelques kilomètres du Tage, il devrait être l’un des plus grands de la firme californienne en Europe. Un de plus dans la péninsule ibérique. Depuis deux ans, l’Espagne devient une terre d’implantation privilégiée pour les Big Tech. Microsoft, Amazon et Google ont déjà massivement investi la région d’Aragón, dans le nord du pays. Et des dizaines de projets de centres de données sont en cours de déploiement.
Zone stratégique à l’intersection de l’Amérique, l’Europe et l’Afrique, l’Espagne dispose également de fortes capacités de production d’énergies renouvelables, appréciables pour des entreprises qui cherchent à se rendre « plus vertes », et ses gouvernements locaux tentent d’attirer les investisseurs.
Quant à Meta (ex-Facebook), après l’abandon en 2022 de son mégaprojet aux Pays-Bas à la suite de pressions citoyennes et gouvernementales, l’entreprise semble retenter sa chance dans la capitale de la céramique espagnole. Or, l’opposition initiée en Espagne par Aurora Gómez ne prend pas autant que celle menée par son homologue néerlandaise Susan Schaap. Actuellement en phase finale de négociation, après un processus quasi sans encombre, la construction du campus pourrait démarrer début 2025.
Un nuage dans…
La suite est à lire sur: reporterre.net
Auteur: Christelle Gilabert , Paul Lemaire

